À l’agonie, le secteur de l’événementiel tente de s’unir

Publié le Publié dans Non classé

Publication : 24heures, 4 février 2020

«On a été les premiers à devoir interrompre nos activités à cause du Covid et on sera les derniers à les reprendre. Et pourtant personne ne se préoccupe de notre sort, c’est quand même dingue!» Attablés dans un bureau à Lutry, Miriam Wolf et Yochen Patti ne savent plus s’ils doivent rire ou pleurer de leur situation. Pour se faire entendre et tenter d’obtenir des aides, ces deux professionnels de l’événementiel ont fondé fin décembre avec quatre collègues la Fédération suisse des professionnels de l’événementiel (FSPE).

Difficultés de comptage

Cette nouvelle structure compte déjà une trentaine de sociétés membres, toutes romandes, représentant plus de deux cents collaborateurs. Mais ce comptage illustre la première difficulté du secteur. «On n’a aucune idée de combien de personnes sont touchées par l’arrêt de nos activités», constate Yochen Patti qui a endossé la vice-présidence de l’association. «La définition d’un événement dépend de chaque personne et, en plus, on touche un nombre très important de partenaires. Comment comptabiliser les pertes du boulanger qui fournissait des flûtes pour un mariage, ou des fleuristes qui composaient des arrangements pour un salon?»

«Personne ne nous impose de fermer. Mais dans les faits, nous n’avons tout simplement pas la possibilité de travailler.»

Miriam Wolf, présidente de la nouvelle Fédération suisse des professionnels de l’événementiel

Cerise sur le gâteau de mariage, le secteur n’a jamais été officiellement mis à l’arrêt. «Contrairement aux restaurateurs ou aux théâtres, personne ne nous impose de fermer. Mais dans les faits, avec les restrictions en place, nous n’avons tout simplement pas la possibilité de travailler», fait remarquer Miriam Wolf, la nouvelle présidente. «Et comme on ne dispose d’aucune indication sur l’avenir, on ne peut même pas imaginer de nouveaux projets», complète son vice-président. La FSPE compte donc réunir un maximum d’acteurs avant de solliciter des rencontres avec les autorités des cantons de domicile de ses membres.

«Tout ce qu’on demande, c’est de pouvoir travailler. Dans notre domaine, nous sommes tous habitués à nous adapter en permanence, mais là on nous laisse dans le flou total. En Belgique, on commence à réfléchir à des manifestations où les gens viendraient masqués. Dans un premier temps, nous pourrions donc envisager des solutions dans le respect des mesures sanitaires.»

Une faîtière suisse


La démarche d’unification des deux Vaudois est toutefois loin d’être unique en Suisse, puisque dans ce milieu professionnel très diversifié, il existerait une bonne trentaine d’associations et fédérations en tous genres. La plus grande d’entre elles est l’association nationale de l’industrie des communications Expo Event Swiss LiveCom Association, basée à Berne. Or, à l’automne dernier, et alors que les préparatifs de constitution de la FSPE battaient leur plein, Expo Event a décidé de se doter d’un délégué pour la Suisse romande. La charge a été confiée à l’ancien directeur du Comptoir Suisse et désormais organisateur du salon itinérant Swiss Wine Festival, René Zürcher.

Ce dernier estime que les circonstances actuelles obligent à travailler sur deux niveaux: «Le fait que les cas de rigueur sont traités par les cantons oblige les sociétés du secteur à se réunir sur les mêmes frontières pour discuter avec leurs autorités. En ce sens, je soutiens donc la démarche de la création de la FSPE. Mais lorsqu’il faut traiter avec Berne, il n’est pas possible que chacune de ces structures intervienne de son côté. L’idéal serait donc de calquer notre future organisation sur le monde de la gastronomie, avec des sections cantonales comme GastroVaud ou Gastro Genève et une faîtière comme GastroSuisse qui chapeaute le tout.» Le dialogue entre les deux structures est toutefois permanent afin de parler d’une même voix pour défendre le secteur.

Lien sur l’article : Conséquences de la pandémie – À l’agonie, le secteur de l’événementiel tente de s’unir | 24 heures

Journaliste : Sylvain Muller

Photographe : Vanessa Cardoso

Publictaion : 4 février 2020